Héréditaire, génétique… ou habitudes transgénérationnelles ?


Jeune pousse verte émergeant de la terre, symbolisant la croissance, la vitalité et le lien profond entre nature et corps humain.
Chaque changement dans notre environnement et nos habitudes peut nourrir ou fragiliser notre corps. Comme cette jeune pousse, notre vitalité s’épanouit quand nos relations vitales sont correctes🌱

L’une des croyances les plus profondes et répandues que je rencontre chez mes patients concerne l’historique familial des maladies.

Quand un médecin demande: «Avez-vous des antécédents de diabète, dhypertension, de cancer, dasthme dans votre famille? », la réponse du patient s’accompagne presque toujours d’une interprétation implicite:
si la maladie se retrouve de génération en génération, alors elle doit être génétique.

Et par «génétique», beaucoup entendent: je suis né avec un gène défectueux, une bombe à retardement inscrite en moi, et il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre qu’elle explose.


Les conséquences de cette croyance

  1. Une anxiété permanente
    Quand une maladie a marqué la famille – infarctus, AVC, démence, cancer, hystérectomies répétées – l’individu vit avec l’angoisse sourde que «son tour viendra». Il consulte régulièrement dans lespoir que, si la maladie apparaît, elle soit diagnostiquée et prise en charge rapidement.
  2. Une absence de curiosité
    Puisque l’explication semble déjà donnée («cest dans mes gènes»), personne ne cherche à comprendre pourquoi ces maladies réapparaissent dans la même lignée. On ne sinterroge plus sur le sens de cette répétition, ni sur ce qui, dans la vie concrète, favorise lapparition de ces symptômes.
  3. Une dépendance au médecin
  4. La normalisation d’une médecine symptomatique

Génétique : de quoi parle-t-on vraiment?

Qu’une pathologie soit génétique implique trois conditions précises:

  1. Le gène impliqué est identifié.
  2. La nature de l’altération (mutation, duplication, absence…) est connue.
  3. On peut tester un individu pour confirmer ou infirmer cette altération.

Dans la pratique clinique courante, ces cas sont extrêmement rares :

  • Trisomie 21: chromosome concerné identifié et test possible.
  • Chorée de Huntington: gène exact identifié.
  • Mutations BRCA1 et BRCA2: risque accru de certains cancers du sein et de lovaire.
  • Certaines cardiomyopathies ont des gènes identifiés.

Mais la liste s’arrête là. Dans la majorité des cabinets de médecine générale ou services hospitaliers, les maladies véritablement génétiques se comptent sur les doigts d’une main.


Transgénérationnel ≠ héréditaire ≠ génétique

  • Transgénérationnel: ce qui se répète de génération en génération dans une famille. C’est une observation.
  • Héréditaire: ce qui se transmet biologiquement par la reproduction. C’est une causalité biologique.
  • Génétique: ce qui est relatif aux gènes. C’est une explication moléculaire précise.

Ce que beaucoup appellent «héréditaire» et assimilent à «génétique» nest en réalité quune observation transgénérationnelle.

Malgré toutes les recherches sur la génétique et l’épigénétique, tant qu’aucun gène n’est identifié et qu’aucun test ne le confirme, il n’y a aucune raison de qualifier une maladie de génétique ou d’héréditaire.

Ce raccourci ne s’est pas imposé par hasard. Autour de la découverte de l’ADN et de l’attribution du prix Nobel, il y a eu une immense pression sociale et scientifique pour tout expliquer par la génétique.

On nous a présenté l’être humain comme une machine programmée, avec des «bombes à retardement» inscrites dans nos gènes.

Ce récit a eu un prix:

  1. Normalisation d’une anxiété médicale permanente.
  2. Renforcement d’une médecine essentiellement symptomatique.
  3. Disparition de l’attention portée à la vie vécue, aux habitudes, et surtout aux relations vitales.

Et si ce n’était pas génétique?

Alors, la vraie question devient:
qu’est-ce qui se répète, si ce ne sont pas des gènes?

Quelques exemples concrets:

  • Certaines familles présentent des hystérectomies sur plusieurs générations – pour fibromes, endométriose ou autres motifs. Les causes médicales diffèrent, mais le geste chirurgical se répète comme un fil rouge.
  • Dans d’autres familles, asthme, hypertension ou démence se répètent.
  • Dans d’autres encore, infarctus précoces, troubles digestifs chroniques ou migraines sévères apparaissent régulièrement.

Ces répétitions ne sont pas des fatalités génétiques: aucun gène n’a été fourni, aucun test génétique proposé. Il s’agit de phénomènes transgénérationnels.


Médecine attentive : écouter les relations vitales

C’est exactement là que la médecine attentive trouve son champ d’action.

Plutôt que de s’arrêter à l’étiquette «transgénérationnelle», elle sassoit avec le patient parfois avec plusieurs membres de la famille et explore :

  • Quels changements ont précédé l’apparition des symptômes?
  • Quelles relations vitales (alimentation, air, eau, repos, expression de soi…) sont devenues incorrectes?
  • Quelles habitudes, conscientes ou inconscientes, maintiennent le corps dans ces relations incorrectes?

Nous avons, contrairement à la génétique spéculative, des évidences indiscutables :

  • Nous mourons si nous ne mangeons pas, ne buvons pas, ne respirons pas, ne déféquons pas ou ne régulons pas notre température.
  • Nous avons aussi besoin d’être aimés, d’abord par nous-mêmes, et dans l’enfance au moins par un autre.

Le corps exprime immédiatement quand les relations vitales deviennent incorrectes :

  • Douleur abdominale si nous mangeons du bois au lieu d’une pomme,
  • Toux à la première cigarette

Nous avons également de manière très factuelle, une physiologie qui démontre notre être psychosomatique

  • Rougeur du visage quand nous avons honte,
  • Salivation en pensant à un citron,
  •  Les pensées sexuelles entraînent des réactions physiologiques dans les organes sexuels

 

Le corps ne simule pas : il parle. Encore faut-il l’écouter.


Conclusion

Tant qu’on ne me montre pas le gène, l’altération et le test, considérer une maladie comme génétique n’est pas fondé sur une preuve, mais sur une croyance.

Et c’est une bonne nouvelle.

Cela redonne toute sa place à la question essentielle:
pourquoi, à ce moment-là, le corps a-t-il changé, de cette manière-là?

Plutôt que de céder à l’angoisse d’une bombe génétique imaginaire, nous pouvons retrouver curiosité et attention pour comprendre la vie que nous menons, les habitudes que nous portons, et les relations que nous entretenons – avec nous-mêmes, nos proches et notre environnement vital – et surtout le pourquoi de ces états dans nos relations.

C’est là que la médecine attentive ouvre de nouvelles pistes et peut défaire ce mythe puissant:
non, « transgénérationnel » ne veut pas dire « génétique ».

https://www.attentivemedicine.org/

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