Héréditaire, génétique… ou habitudes transgénérationnelles ?
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| Chaque changement dans notre environnement et nos habitudes peut nourrir ou fragiliser notre corps. Comme cette jeune pousse, notre vitalité s’épanouit quand nos relations vitales sont correctes🌱 |
Quand un médecin demande :
« Avez-vous des
antécédents de
diabète, d’hypertension,
de cancer, d’asthme dans votre famille ? », la
réponse du patient s’accompagne presque toujours d’une interprétation implicite :
si la maladie se retrouve de génération en génération, alors elle doit être
génétique.
Et par « génétique », beaucoup entendent :
je suis né avec un gène défectueux, une bombe à retardement inscrite en moi,
et il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre qu’elle explose.
Les conséquences de cette croyance
- Une
anxiété permanente
Quand une maladie a marqué la famille – infarctus, AVC, démence, cancer, hystérectomies répétées – l’individu vit avec l’angoisse sourde que « son tour viendra ». Il consulte régulièrement dans l’espoir que, si la maladie apparaît, elle soit diagnostiquée et prise en charge rapidement. - Une
absence de curiosité
Puisque l’explication semble déjà donnée (« c’est dans mes gènes »), personne ne cherche à comprendre pourquoi ces maladies réapparaissent dans la même lignée. On ne s’interroge plus sur le sens de cette répétition, ni sur ce qui, dans la vie concrète, favorise l’apparition de ces symptômes. - Une
dépendance au médecin
- La
normalisation d’une médecine symptomatique
Génétique : de quoi parle-t-on vraiment ?
Qu’une pathologie soit génétique implique trois conditions
précises :
- Le
gène impliqué est identifié.
- La
nature de l’altération (mutation, duplication, absence…) est connue.
- On
peut tester un individu pour confirmer ou infirmer cette altération.
Dans la pratique clinique courante, ces cas sont extrêmement
rares :
- Trisomie
21 : chromosome
concerné identifié et
test possible.
- Chorée
de Huntington : gène exact identifié.
- Mutations
BRCA1 et BRCA2 :
risque accru de certains cancers du sein et de l’ovaire.
- Certaines
cardiomyopathies ont des gènes identifiés.
Mais la liste s’arrête là. Dans la majorité des cabinets de
médecine générale ou services hospitaliers, les maladies véritablement
génétiques se comptent sur les doigts d’une main.
Transgénérationnel ≠ héréditaire ≠ génétique
- Transgénérationnel : ce qui se répète de
génération en génération dans une famille. C’est une observation.
- Héréditaire : ce qui se transmet
biologiquement par la reproduction. C’est une causalité biologique.
- Génétique : ce qui est relatif aux
gènes. C’est une explication moléculaire précise.
Ce que beaucoup appellent « héréditaire » – et assimilent à « génétique » – n’est en réalité qu’une observation
transgénérationnelle.
Malgré toutes les recherches sur la génétique et
l’épigénétique, tant qu’aucun gène n’est identifié et qu’aucun test ne le
confirme, il n’y a aucune raison de qualifier une maladie de génétique ou
d’héréditaire.
Ce raccourci ne s’est pas imposé par hasard. Autour de la
découverte de l’ADN et de l’attribution du prix Nobel, il y a eu une immense
pression sociale et scientifique pour tout expliquer par la génétique.
On nous a présenté l’être humain comme une machine
programmée, avec des « bombes
à retardement » inscrites dans nos gènes.
Ce récit a eu un prix :
- Normalisation
d’une anxiété médicale permanente.
- Renforcement
d’une médecine essentiellement symptomatique.
- Disparition
de l’attention portée à la vie vécue, aux habitudes, et
surtout aux relations vitales.
Et si ce n’était pas génétique ?
Alors, la vraie question devient :
qu’est-ce qui se répète, si ce ne sont pas des gènes ?
Quelques exemples concrets :
- Certaines
familles présentent des hystérectomies sur plusieurs générations –
pour fibromes, endométriose ou autres motifs. Les causes médicales
diffèrent, mais le geste chirurgical se répète comme un fil rouge.
- Dans
d’autres familles, asthme, hypertension ou démence se répètent.
- Dans
d’autres encore, infarctus précoces, troubles digestifs chroniques ou
migraines sévères apparaissent régulièrement.
Ces répétitions ne sont pas des fatalités génétiques : aucun gène n’a été fourni,
aucun test génétique proposé. Il s’agit de phénomènes transgénérationnels.
Médecine attentive : écouter les relations vitales
C’est exactement là que la médecine attentive trouve
son champ d’action.
Plutôt que de s’arrêter à l’étiquette « transgénérationnelle », elle s’assoit avec le patient – parfois avec plusieurs membres de la famille – et explore :
- Quels
changements ont précédé l’apparition des symptômes ?
- Quelles
relations vitales (alimentation, air, eau, repos, expression de soi…) sont
devenues incorrectes ?
- Quelles
habitudes, conscientes ou inconscientes, maintiennent le corps dans ces
relations incorrectes ?
Nous avons, contrairement à la génétique spéculative, des
évidences indiscutables :
- Nous
mourons si nous ne mangeons pas, ne buvons pas, ne respirons pas, ne
déféquons pas ou ne régulons pas notre température.
- Nous
avons aussi besoin d’être aimés, d’abord par nous-mêmes, et dans
l’enfance au moins par un autre.
Le corps exprime immédiatement quand les relations vitales
deviennent incorrectes :
- Douleur
abdominale si nous mangeons du bois au lieu d’une pomme,
- Toux
à la première cigarette
Nous avons également de manière très factuelle, une physiologie
qui démontre notre être psychosomatique
- Rougeur
du visage quand nous avons honte,
- Salivation
en pensant à un citron,
- Les pensées sexuelles entraînent des réactions physiologiques dans les organes sexuels
Le corps ne simule pas : il parle. Encore faut-il
l’écouter.
Conclusion
Tant qu’on ne me montre pas le gène, l’altération et le
test, considérer une maladie comme génétique n’est pas fondé sur une
preuve, mais sur une croyance.
Et c’est une bonne nouvelle.
Cela redonne toute sa place à la question essentielle :
pourquoi, à ce moment-là, le corps a-t-il changé, de cette manière-là?
Plutôt que de céder à l’angoisse d’une bombe génétique
imaginaire, nous pouvons retrouver curiosité et attention pour
comprendre la vie que nous menons, les habitudes que nous portons, et les
relations que nous entretenons – avec nous-mêmes, nos proches et notre
environnement vital – et surtout le pourquoi de ces états dans nos relations.
C’est là que la médecine attentive ouvre de nouvelles
pistes et peut défaire ce mythe puissant :
non, « transgénérationnel » ne veut pas dire « génétique ».
https://www.attentivemedicine.org/

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