Fission intérieure
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| No division. |
De l’atome à la pensée : l’énergie des divisions
Je me demande d’où vient l’énergie de notre monde intérieur.
Cette force qui nous soulève – parfois jusqu’à l’invention, parfois jusqu’à la
destruction.
D’où vient-elle exactement ?
Dans la matière, il existe un phénomène où l’énergie ne naît
pas d’un ajout, mais d’une séparation.
On l’appelle fission : lorsqu’un noyau se brise, il libère une puissance
que son unité contenait.
Je me demande si, dans notre monde intérieur aussi, quelque chose se fissure en
libérant autant de force.
Là où la rupture devient énergie
La fission nucléaire se produit lorsqu’un noyau d’atome
lourd – comme l’uranium-235 ou le plutonium-239 – se fracture.
Ce type de noyau contient un grand nombre de protons et de neutrons, ce qui le
rend instable.
Lorsqu’il absorbe un neutron, il peut se briser en deux noyaux plus légers et
libérer :
- une
immense quantité d’énergie,
- des
neutrons supplémentaires, expulsés à grande vitesse.
Ces neutrons peuvent à leur tour frapper d’autres noyaux
lourds et provoquer de nouvelles fissions.
Si cette succession se propage, on parle de réaction en chaîne.
Pour que cette réaction existe, il faut que les neutrons rencontrent d’autres
noyaux fissiles.
Dans une matière ordinaire, la chaîne s’interrompt.
Dans un matériau spécialement préparé – uranium enrichi, plutonium purifié –
elle se maintient et s’amplifie.
Contrôle extérieur ou propagation
C’est ici que tout se joue : ce sont les neutrons qui
décident de la suite.
Tout dépend alors de la manière dont ils circulent.
Dans une réaction contrôlée – comme dans une centrale
nucléaire – le flux de neutrons est freiné et limité.
La fission se produit lentement, de manière stable.
L’énergie est libérée progressivement et devient de l’électricité.
Dans une réaction incontrôlée – comme dans une bombe – aucun
frein n’est appliqué.
Les neutrons se propagent librement, provoquant une multiplication fulgurante
des fissions.
En une fraction de seconde, toute l’énergie est libérée d’un seul bloc : c’est
l’explosion.
Ainsi, un même phénomène – la fission – peut éclairer ou
détruire.
La différence ne tient pas à l’énergie, mais à la manière dont elle se propage.
La pensée suit-elle la même loi que la matière ?
Lorsqu’elle se divise, elle libère une énergie.
La matière intérieure : les symboles
Notre monde intérieur est peuplé d’images, de mots, de sons.
Pouvons-nous nous accorder sur le fait de les appeler des représentations
?
Ces représentations ne sont pas neutres : nous leur donnons
un sens.
Notre prénom, par exemple, n’évoque pas la même chose pour chacun.
Qu’est-ce qu’un symbole, sinon une représentation à
laquelle une signification a été fixée ?
Pouvons-nous alors nous accorder sur ceci :
notre monde intérieur est un monde peuplé de symboles ?
Comme pour les mots d’un dictionnaire, la signification d’un
mot – sa définition – nécessite d’autres mots,
et souvent, d’opposés.
Mère n’est pas père.
Grand n’est pas petit.
Ce que j’aimerais montrer, c’est comment, sans s’en
apercevoir, nous nous sommes définis,
et comment ces définitions nous attachent à celles des autres :
comme les mots, dans un dictionnaire.
Si je me définis comme femme, je me définis aussi comme «
pas un homme ».
Puisque cette définition se fonde sur nos organes génitaux,
elle place la sexualité au centre de cette relation.
De la même manière, si je me définis comme adulte,
je ne me définis pas comme enfant.
Cette définition accorde une importance primordiale au temps passé sur terre –
à l’expérience ou à la capacité physique – dans cette relation-là.
Et ainsi de suite.
Lorsque, dans mon monde intérieur, je crois à ces
définitions,
je crois aussi à une division de ce monde intérieur
entre un moi – défini par un nombre croissant de symboles –
et un les autres, définis par leurs symboles opposés aux miens.
Entre ces deux mondes, un mur,
dont la forme est peut-être celle qui, je me demande,
fait mouvoir ce monde intérieur vers l’extérieur,
de manière contrôlée ou explosive – comme dans les guerres.
Dans la fission, ce n’est pas la rupture en elle-même qui
détruit,
c’est sa propagation sans limite.
Je ne sais pas si nous pouvons désamorcer nos bombes
intérieures.
Mais je pressens que chaque fois que je me définis, je me divise.
Et que toute division porte, en silence, une énergie qui cherche sa
destination.
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